LIBIDO AU TOP APRÈS LA MÉNOPAUSE

Contrairement à la croyance populaire, la ménopause ne sonne pas le glas de la sexualité !

On vous dit tout.

L a ménopause, tournant majeur de la vie d’une femme, survient naturellement autour de la cinquantaine.

Si cette nouvelle étape de vie est caractérisée par des bouleversements physiques et affectifs, elle ne marque pas pour autant la fin de la vie intime.

« La ménopause n’est pas une fin en soi mais plutôt un cap à franchir, rappelle Catherine Grognard, dermatologue à Nouméa.

Elle entraîne quelques désagréments physiques et psychologiques, certes, mais sur lesquels il est facile d’agir. »

Changements physiologiques

La ménopause est la conséquence directe de la chute brutale de production d’hormones féminines et de l’arrêt du fonctionnement des ovaires.

Les bouffées de chaleur ou encore la prise de poids sont quelques-uns des compagnons de route de la ménopause… Mais ils sont loin d’être les seuls !

« Le vagin va subir des changements importants durant cette période, précise Catherine Grognard.

Perte d’élasticité, sécheresse et atrophie…

Ces désagréments vulvo-vaginaux peuvent conduire à des douleurs et à des saignements lors des rapports sexuels. » Et donc progressivement à une perte de désir sexuel.

Sécheresse vaginale

« La sécheresse vaginale est trop souvent sous-diagnostiquée et sous-traitée, car beaucoup de femmes qui en souffrent n’osent pas en parler à leur médecin. Pourtant, elle engendre des impacts importants sur la santé, tels que des fuites et infections urinaires, des brûlures ou encore des démangeaisons. Et malheureusement, ces troubles seront encore plus importants chez les femmes ne menant pas une vie sexuelle active. »

Les solutions

  • Le traitement hormonal substitutif (THS): à base d’œstrogènes et par voie orale.  À noter toutefois que selon le résultat d’une étude de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) de 2002. Les traitements hormonaux favoriseraient le risque de cancers et d’accidents vasculaires. Il est donc important de demander conseil auprès de son médecin.
  • Les traitements localisés. Il s’agit de crèmes ou d’ovules à base d’œstrogènes à introduire dans le vagin pour apporter localement et régulièrement une petite dose d’hormones. – Les gels lubrifiants. Ils doivent être à base d’eau ou de substances hydrophiles telles que l’acide hyaluronique ou le glycérol, pour hydrater localement.
  • L’injection d’acide hyaluronique . « C’est une intervention rapide et indolore, qui permet de repulper la vulve et de réhydrater la muqueuse durant au moins 6 mois. Explique Catherine Grognard, qui propose ce soin à ses patientes. La zone redevient sensible, la sensation d’inconfort disparaît, ce qui favorise la reprise des rapports sexuels.   La période de la ménopause est souvent imaginée comme un « cap » hormonal. Au-delà duquel la vie sexuelle des femmes se dégrade, voire disparaît.

En réalité, les changements biologiques et hormonaux liés à la ménopause n’ont  aucun effet sur la libido ou le plaisir sexuel, explique Charlotte de Buzon, sexothérapeute à Nouméa : « Supposer que les seniors ne font plus l’amour relève du mythe populaire !

 

L’effet négatif de la ménopause

L’effet négatif de la ménopause sur la libido de certaines femmes est, pour le coup, plus ‘’symbolique’’ que biologique. Pour beaucoup, la ménopause serait synonyme d’entrée dans ‘’la vieillesse’’ et marquerait ainsi la fin de l’activité sexuelle… Ce qui est totalement erroné, bien sûr !

C’est surtout la suite logique du peu d’investissement de la sexualité dans la vie antérieure du couple : ‘’Fin des règles ? La boutique est fermée !’’ ». Pourtant, de nombreuses femmes connaissent, à l’inverse, un regain d’activité sexuelle et de désir après l’arrêt définitif des menstruations.

« L’arrivée de la ménopause correspond souvent au moment où les enfants quittent la maison parentale », poursuit la sexothérapeute. Plus disponibles et délivrées du risque de grossesse non désirée, certaines femmes ménopausées se laissent même aller à une plus grande liberté érotique. Donc, en cas de blocage psychologique, l’important est de dédramatiser et d’oser en parler à son médecin ou à une personne compétente (psychologue, sexothérapeute…).

« Il faut se dire qu’on n’est pas la seule dans ce cas-là et que rien n’est jamais figé, rassure Charlotte de Buzon.

La ménopause peut aussi être le point de départ d’une vie sexuelle plus riche et épanouie, qu’on se le dise ! »