Les préjugés en sexualité.

 

Qu’est ce qu’un préjugé ? C’est une idée qui est déjà jugée admise sans vérification. En fait, le « préjugé » est considéré comme une vérité. C’est une idée toute faite  reputée comme une évidence sans de véritable argument. Ce jugement est souvent négatif sans savoir si il est avéré ou pas.

Chacun va se construire avec ces idées erronées et surtout continuer à les transmettre. Le préjugé est quelque chose que l’on a appris mais on ne sait pas vraiment comment mais on est persuadé que c’est une vérité partagée par tous. Parce que tout le monde le dit. Sauf que très souvent ce n’est pas fondé et donc erroné.

En sexualité, il y a beaucoup de préjugés.

En fait, la raison principale est que l’on ne parle pas ou peu de sexualité. Alors, le peu que l’on apprend, on le prend comme une vérité absolue sans se poser de question sur le fait que ce soit réel ou pas.

Sabine de la Foa : « Les hommes ne pensent qu’au sexe et ils ont toujours envie de le faire ».

Il est difficile de faire une généralité sur tous les hommes.

Comme si tous les hommes avaient les mêmes traits de caractère. Est-ce que votre compagnon, votre père, votre cousin, votre meilleur ami, votre professeur… ont tous les mêmes comportements ?

Aussi, il n’y a rien de définis génétiquement, qui rendraient les hommes tous identiques sur leurs envies sexuelles. Chaque homme est différent et a des désirs différents.

Ainsi, la pression sociale joue un rôle important sur le comportement que devrait adopter les hommes : montrer sa virilité ! Les hommes doivent prouver qu’ils sont virils.

Comme si la seule preuve de cette virilité passait par la faculté à avoir de relations sexuelles.  Ceci explique parfois des comportements un peu exagérés. Ce n’est pas parce que l’on parle facilement de sexe (sous forme de blague ou d’allusions le plus souvent) que l’on a forcément envie de sexualité.

En effet, chaque homme est différent et ses envies sexuelles aussi. Les hommes ne sont pas conditionnés à avoir des relations sexuelles dès leurs naissance. Leur comportement va être influencé par différentes éléments propre à chacun.

Cindy de Robinson : « J’ai remarqué depuis que Stéphane a 50 ans, on fait de moins en moins l’amour. Il me dit que c’est normal que ça baisse avec l’âge ».

Le désir sexuel ne diminue pas avec l’âge

A condition, bien sûr que les relations sexuelles soient épanouies. On peut comparer la sexualité à un sport. Si on le pratique régulièrement on en ressent les bienfaits, on est entraîné, on apprécie de le pratiquer et c’est bon pour la santé mentale et physique. Il n’existe pas  de date de péremption. Il est possible Cindy que votre compagnon soit perturbé par des soucis extérieurs à votre couple. Je vous invite à en discuter avec lui. L’âge n’est pas la cause de sa baisse de désir.

On associe encore et encore la sexualité à la reproduction. Ce qui laisserait supposer que dès que l’on vieillit, la sexualité ne ferait plus partie de notre vie. Il n’y a pas de retraite sexuelle.

On peut avoir des relations sexuelles sans limite d’âge.

Toutefois, il n’y a pas de contre-indications avec l’âge bien au contraire c’est bon pour la santé, physique et mentale, à condition d’en avoir envie. D’après 1 étude de l’université de Sherbrooke, 20 % des + 65 ans déclarent avoir une sexualité plus épanouie qu’avant !

 

Kevin  de Paîta dit

«  les handicapés ne peuvent pas avoir de sexualité. ».

Encore une fois, la sexualité est tellement un sujet tabou que dès que l’on aborde sous un angle un peu différent, cela gêne et créer des réactions tranchées.

Pourquoi les personnes vivant avec un handicap n’auraient pas la possibilité de vivre une sexualité épanouie ?

Pourtant, être en situation d’handicap est le fait d’avoir une partie de soi qui ne fonctionne plus, pas ou différemment. En aucun cas, être handicapé empêcherait d’avoir des envies sexuelles. Le plus difficile est de pouvoir partager une relation sexuelle sans être jugé et aussi de pouvoir être aidé par son entourage dans cette démarche tout à fait légitime. Ici encore, on ne peut pas généraliser en évoquant tous « les handicapés » de la même façon ; chaque personne est différente.

Sophie de Tina raconte : « les gens tiennent pour acquis que je n’ai pas de relations sexuelles et que je ne suis pas un être sexuel­ parce que je suis paraplégique. J’ai des envies et j’ai un compagnon.  Je me considère comme une personne normale qui a traversé des épreuves malheureuses, mais je pense être toujours désirable et attirante.

Nous sommes tous différents.
Nous avons parfois des difficultés qui peuvent nous handicaper…
Mais nous avons aussi tous un point en commun, l’envie et le besoin d’aimer et d’être aimé.

 

Richard de Koné ; « les femmes ont besoin de sentiment pour avoir une relation sexuelle »

Comme pour les autres préjugés, on ne peut pas généraliser un comportement à toutes les femmes. Ici, nous touchons un sujet sensible qui est le désir féminin.  Ce sujet lui aussi est vraiment tabou. L’orgasme féminin n’est pas indispensable à la procréation. Il a longtemps été ignoré ou bien maîtrisé par les hommes. Chacun y va de son jugement pour le définir.

Une femme ne peut pas avoir d’envie comme un homme ! Pourquoi ?

Le plaisir féminin n’étant pas indispensable à la procréation, il a été longtemps ignoré. Pourtant physiologiquement parlant et scientifiquement prouvé, le plaisir féminin tout comme le plaisir masculin est physique !  Ensuite, ce plaisir peut prendre des dimensions différentes avec des sentiments ou pas ….

Le plaisir solitaire est en la preuve concrète.

Les mentalités changent ; les femmes vivant une sexualité sans sentiments sont désormais plus libres de l’assumer maintenant tout autant qu’un homme .

Les hommes et les femmes ont beaucoup de points communs ; ils peuvent avoir des relations sexuelles sans sentiments et prendre beaucoup de plaisir et peuvent avoir des relations sexuelles avec des sentiments et prendre beaucoup de plaisir aussi.

Rien est figé à un genre. Chaque personne a des envies et des ressentis particuliers qui peuvent changer au fil de la vie.

Que l’on soit jeune, vieux, femme, homme, avec un handicap ou pas cela ne change pas. Chacun va vivre sa sexualité différemment et surtout comme il le souhaite.

Alors ne généralisons pas !

Charlotte de Buzon

Sexologue clinicienne

et Thérapeute de couple à Nouméa

Consultations sur rdv au 83.30.10

FB : Sexologue NC Charlotte de Buzon

Site web : sexotherapeute.nc