Messieurs, que faites vous pour être sexy ?

Article écrit sous forme d’interview par la journaliste Marion Courtassol , publié dans le journal « Les Nouvelles Calédoniennes » le 25 octobre 2021.

Et si le secret des couples qui entretiennent le désir se trouvait du côté de l’aspirateur, du mop ou de la vaisselle ? Un conseil étonnant mais éprouvé car « partager les tâches, c’est se sentir en équipe, dans un équilibre ».

On a l’impression que l’injonction à « être sexy » s’adresse plus aux femmes qu’aux hommes. Qu’en est-il ?

C’est bien le cas et d’ailleurs, il y a quelque chose que je demande souvent en consultation quand des hommes me disent « ma femme n’a pas toujours envie » ou « c’est difficile », c’est : « que faites-vous, vous Monsieur, pour être sexy ? » La plupart du temps, les hommes ne se posent même pas cette question « qu’est-ce que je fais pour donner envie à ma femme ? ». Ils pensent souvent que « seule » leur envie suffit.

Les femmes sont-elles sensibles au physique de leur compagnon ?

Bien sûr ! Au même titre qu’une femme va s’apprêter pour plaire à son conjoint, elle aimera qu’il le fasse. Cela peut passer par une coupe de cheveux, se raser, porter un tee-shirt propre ou une belle chemise et peut-être de faire aussi un petit effort le week-end.

La vision de Monsieur, le dimanche après-midi, affalé sur son canapé avec son vieux short, un vieux tee-shirt, la barbe à peine rasée n’est pas franchement séduisante.

Les femmes ont-elles besoin de plus de romantisme que les hommes pour susciter leur désir ?

Les femmes n’ont pas forcément besoin de sentimental et de romantisme… mais elles ne sont pas contre. La tendresse est un point important. La sexualité n’est pas quelque chose qui se passe juste là à l’instant T. On parle de préliminaires, mais on devrait aussi parler de préliminaires d’envie.

Quels peuvent être ces préliminaires au désir ?

Être tendre, faire des câlins qui ne soient pas sexuels, un bisou dans la journée, une caresse sur le bras quand on se croise… Cela peut-être regarder la télévision l’un contre l’autre sans que ce soit obligatoirement orienté sexualité.

On peut se faire un câlin avant de s’endormir ou en se réveillant sans que ce soit suivi d’un rapport sexuel. Cette proximité physique permet de forger l’intimité et la complicité du couple car ce sont des gestes que l’on n’aura pas avec quelqu’un d’autre.

Au quotidien, comment entretenir cette complicité ?

En partageant des moments à deux. Quand on est parents, que l’on travaille, cela peut être compliqué. De temps en temps, aller se promener main dans la main, s’autoriser à aller boire un verre ou ne serait-ce que discuter ensemble en s’isolant sur sa terrasse ou sur son balcon. Même en cette période de confinement, on peut se retrouver à la maison. On fait dîner les enfants avant, on les couche et on profite d’un dîner en tête à tête.

Qu’y a-t-il de « sexy » dans ces moments ?

Etre sexy c’est être attirant donc de montrer de l’intérêt à l’autre. Cela peut aussi être un petit texto dans la journée qui sous-entend « je pense à toi », « je fais attention à toi »,  » je t’écoute ». La gentillesse compte aussi énormément. Au bout de quelques années, les couples ont souvent tendance à devenir impolis et à oublier les s’il te plaît et les mercis. La gentillesse fait partie de ces prémices qui vont rendre la sexualité possible.

Un dernier conseil ?

L’implication dans les tâches domestiques ! En trente ans, la part des hommes a augmenté de 6 %. Selon une étude Ifop 2019, 73 % des tâches ménagères incombent encore aux femmes.

Une femme quand elle a tout rangé, tout nettoyé, fait les repas et le linge et qu’elle s’allonge enfin et que Monsieur vient la voir pour la solliciter, elle n’a pas envie car elle est fatiguée et se sent justement chargée. À l’inverse, une étude montre que 80 % des femmes ont du désir pour leur chéri quand il s’occupe des tâches ménagères. Mais attention, pour cela, il ne suffit pas d’un « one shot » mais bien d’un investissement régulier.

Quel est le rapport entre tâches domestiques et désir ?

Il serait normal aujourd’hui, comme homme et femmes travaillent, que les tâches ménagères soient également partagées. En tant que thérapeute de couple, cette injustice, je l’entends tous les jours de la part des femmes qui, en plus, endossent le rôle de la méchante, de celle qui râle tous le temps. Or, partager les tâches, c’est se sentir en équipe, dans un équilibre.