Les dysfonctions sexuelles

Article écrit par la journaliste Marion Courtassol pour le journal quotidien LNC.

Pour Charlotte de Buzon, sexologue, aucune douleur ne doit être ignorée. Problèmes d’érection, de désir, douleurs lors des rapports… A quelques rares exceptions près, les troubles de la sexualité ne relèvent pas de pathologies. Pour autant, même si sur le plan médical le corps va bien, des douleurs ou une absence de désir peuvent se faire sentir. Bien plus encore que dans notre corps, c’est dans notre tête que se construit une sexualité épanouie. Car  » sauf dans des cas rares de maladie, il n’y a pas de femme frigide ou d’homme impuissant. Ce que l’on appelle les dysfonctionnements ont, dans les trois quarts des cas, une cause sur laquelle on peut travailler », assure la sexologue Charlotte de Buzon.  » Ce terme de dysfonctionnement peut paraître barbare. Il désigne ce qui ne marche pas totalement, ce qui n’est pas satisfaisant. »

Les problèmes de sexe sont dans la tête

Les plus fréquents chez les hommes sont les problèmes d’érection, d’éjaculation précoce,  » on devrait plutôt dire que c’est une éjaculation qui arrive plus vite que désirée car le corps est fait pour que l’éjaculation se passe vite », ainsi que la perte de désir  » car, contrairement à une idée très répandue, les hommes n’ont pas tout le temps envie. »

Des douleurs en commun

Chez les femmes, parmi les plaintes les plus fréquentes, on trouve les dyspareunies, des douleurs lors de la pénétration.  » Elles peuvent être pathologiques mais, le plus souvent, elles sont psychosomatiques : problèmes relationnels, perte de désir, méconnaissance de la sexualité, mauvaise expérience, plein de choses entrent en ligne de compte et ne peuvent pas être décelées lors d’une auscultation car il n’y a rien de pathologique. Le vaginisme, l’impossibilité pour une femme d’être pénétrée, n’est pas non plus une maladie. C’est une contraction des muscles du vagin qui va empêcher toute pénétration. On est dans le psychologique. Il faut comprendre ce qui se passe dans sa vie de couple, ce qui s’est passé dans sa vie, son éducation… »

Outre les problèmes liés au désir, les problèmes relationnels et les blocages sont communs aux deux sexes. «  Ce ne sont pas à proprement parler des dysfonctions mais ils peuvent en être la cause. »

Investigation

Reste à savoir vers qui se tourner pour trouver une solution, car « à partir du moment où la cause médicale ou les effets secondaires d’un médicament sont écartés, les patients se retrouvent sans réponse. Même s’il n’y a rien de pathologique, la douleur, physique ou psychologique, est bien là. Il y a un blocage quelque part qui fait que la relation sexuelle ne se passe pas bien. C’est la raison de ce blocage qu’il faut trouver, pour comprendre ce qu’il se passe. L’investigation nécessaire pour y parvenir s’apprend. » D’où l’importance de sensibiliser aussi les professionnels médicaux, ce que fait Charlotte de Buzon au travers de formations.  » Même si l’on sait aujourd’hui que la sexualité a des répercussions sur les plans relationnel, sentimental, social, psychologique… la sexologie est une science nouvelle qui n’est pas encore enseignée dans de nombreuses spécialités. L’idée est de pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt des patients. »