Alcool et sexualité : mauvais cocktail

ARTICLE écrit par la journaliste Marion Courtassol de Les Nouvelles Calédoniennes en interviewant La sexologue, Charlotte de Buzon, met en garde contre les effets de l’alcool sur la qualité des rapports sexuels. Boire pour se donner le courage d’aller vers l’autre, voire plus si affinités. Désinhibante, la consommation de boissons alcoolisées n’est pas un gage de relation sexuelle réussie.

Effet désinhibiteur

« Quand il est consommé de façon occasionnelle et raisonnable, l’alcool peut avoir un rôle désinhibiteur qui sera, dans ce cas, le petit coup de pouce pour oser aborder quelqu’un, explique la sexologue Charlotte de Buzon. C’est « Alcool et sexualité ne font pas un bon cocktail » d’ailleurs très souvent autour d’un verre que se passent les premiers rendez-vous. Cela permet d’être moins timide pour faire connaissance, puis pour avoir des rapports sexuels avec un nouveau partenaire. »

Pas un aphrodisiaque

Mais les effets se font rapidement sentir. Or, « l’alcool n’est pas un aphrodisiaque. Il permet d’aller vers l’autre et de favoriser le désir, mais attention, il a très vite des conséquences négatives sur l’excitation en provoquant des difficultés d’érection et de lubrification, ce qui rend l’orgasme difficile. Bref, alcool et sexualité ne font pas bon ménage », prévient la spécialiste.

Idées fausses

Des effets néfastes qui augmentent avec la consommation d’alcool : « Au chapitre des idées fausses, les hommes pensent qu’en s’alcoolisant, ils vont être plus performants et les femmes qu’elles vont avoir plus de plaisir. C’est totalement faux dans les deux cas. L’alcool entraîne une baisse de la libido. L’érection se fait moins bien et si le rapport dure plus longtemps, c’est justement parce que l’homme n’arrive pas à éjaculer. Quant aux femmes, un rapport long ne sert à rien. Au mieux, c’est désagréable, au pire, cela devient douloureux. Pour mémoire, la moyenne d’un rapport est de 5 minutes et quarante secondes. »

Comportements à risque

Au-delà des effets physiologiques délétères, l’alcool joue sur le comportement : « Il a toujours des effets négatifs sur le comportement, sexuel ou pas. Il peut pousser à avoir des pratiques inhabituelles, voire à forcer l’autre à les avoir. C’est l’une des premières causes de violences conjugales et sexuelles. Quelle est la valeur du consentement d’une personne ivre ? Que va-t-elle ressentir ? Qu’est-ce qui va être partagé au cours de ce rapport ? ».

Pas une excuse

Quoi qu’il arrive, l’alcool n’est pas une excuse. Il n’est d’ailleurs pas une circonstance atténuante devant un tribunal. « Même alcoolisé, celui qui agit est celui qui est responsable. Donc, si on ne gère pas, on ne boit pas. »

Quelles sont donc les limites ?

L’Organisation mondiale de la santé préconise de ne pas dépasser 21 verres par semaine pour l’usage régulier chez l’homme (3 verres/jour en moyenne), pas plus de 14 verres par semaine pour l’usage régulier chez la femme (2 verres/jour en moyenne) et jamais plus de 4 verres par occasion pour l’usage ponctuel. Ces seuils n’ont pas de valeur absolue car chacun réagit différemment selon sa corpulence, son sexe, sa santé physique et son état psychologique, ainsi que selon le moment de la consommation. Ils constituent donc de simples repères.

Or, le binge-drinking, ou « beuverie express », est un mode de consommation qui consiste à boire de l’alcool le plus rapidement possible et en grandes quantités. Une pratique malheureusement courante chez les jeunes. « Et il est vraiment dommage qu’une première fois se passe sous l’emprise de l’alcool… »